Quand j'ai débarqué à Singapour, aux portes de l'Asie (ne pas confondre avec Saint-Gapour, en Montérégie), j'étais super excité. Je me sentais comme un enfant dans un magasin de jouets.
Pour les trois prochains jours, j'allais magasiner. Big time. J'allais m'acheter, à un prix dérisoire, un mini-mini-ordinateur et, à un prix ridiculement bas, une menue mini-caméra (je sais, c'est un trip de gars...). Car tous ceux à qui j'ai parlé de mon arrêt ici avant de partir m'ont vanté les mérites du magasinage chez les Chinois, et je peux vous dire qu'ils ont raison: Singapour est un immense centre commercial.
Mais, y a pas que ça... (musique de pub et découpage rythmé). Peu de villes au monde peuvent se vanter d'avoir en leur centre une réserve faunique naturelle comme celle de Bukit Timah: imaginez un parc Lafontaine avec des singes et des lions au lieu d'écureuils et de pigeons! Et que dire du zoo! Plus de 2000 animaux, dont le rarissime tigre blanc, et plein d'autres étonnantes bibittes à poils. Extraordinaire.
C'est sans compter le quartier chinois ou Little India ou l'île de Sentosa ou les " Hawker Centers ": ces rassemblements impromptus de petites roulottes-popottes où l'on peut déguster, pour cinq dollars, des mets délicieux des quatre coins de l'Asie, aux noms impossibles à prononcer. Hier, j'ai essayé du crocodile... c'est comme du poulet, mais préhistorique.
Et pour couronner le tout, la ville est d'une propreté étincelante. Faut dire que la loi y est sûrement pour quelque chose! À Singapour, il est interdit de mâcher de la gomme- ce n'est pas une farce; on vous colle une amende si vous omettez de tirer la chasse d'eau d'une toilette publique; et j'ai remarqué que, sur les rues achalandées, il y a souvent des vendeurs de kleenex. Serait-il interdit de se fouiller dans le nez? Ce matin, sur Orchard Road, en me penchant pour attacher mon soulier, j'ai pété. Je n'ai pas pris de chance: je me suis sauvé!
Quant au magasinage...
D'abord, mes exigences étaient très simples. Je voulais un petit clavier avec un petit écran. Point. Comme une dactylo, mais électronique, avec laquelle je pourrais envoyer mes articles sur Internet. Et une caméra qui prend des photos. OK, d'accord, le dernier modèle! Mais c'est tout.
J'arrive au Funan IT Center, la place que recommandent tous les guides de voyage. Surprise. Une tour de huit étages, et sur chacun des étages, des dizaines de magasins d'appareils électroniques. Ça fait comme 80 fucking de magasins, ça! Je m'attendais à avoir du choix, mais pas autant. " Oui monsieur, nous avons des mini-ordinateurs, des pocket PC, avec ou sans Wi-Fi intégré. Par exemple celui-ci, le nouveau, le O2 XdaIIs, qui vous permet de vous brancher sur le Net sans fil et peut vous servir de caméra, de console de jeux, ou de téléphone, ou de manette de contrôle à distance pour votre téléviseur et le démarreur de votre voiture. Ça vous intéresse? "
Oups! J'ai dû rater quelque chose comme une génération, moi... L'engin est de la grosseur d'un paquet de cartes et il y a plus de fonctions là-dedans que dans mon cerveau. C'est sûr que ça m'intéresse! Je prends la carte d'affaires du vendeur et je passe au magasin suivant. Little did I know...
La scène s'est répétée au moins cent fois. J'ai passé la journée à me faire dire: " En plus, je vous offre une carte mémoire de 128 mb et un câble USB, et je vous garantis qu'avec celui-ci, vous aurez de meilleurs résultats ". Des meilleurs résultats que quoi?!! Au dernier vendeur, j'ai demandé si je pouvais faire décoller des missiles de Plattsburgh avec sa patente à gosse. Il n'a pas compris l'ironie. De toute façon, j'étais déjà sorti.
À l'hôtel, quand j'ai raconté ma journée de magasinage ratée, ils se sont un peu moqués de moi. Ils m'ont dit que j'aurais dû " aller à l'autre endroit, le Sim Lim Square, où il y a plus de choix ".
Quoi? Il y a un autre centre commercial comme celui-là?
" Il y en a plusieurs, m'a répondu le réceptionniste, mais si vous allez en Malaisie, il vaut mieux attendre. Là-bas, c'est encore mieux qu'ici. "
OK. Pas de photos aujourd'hui pour la chronique. Désolé. Mais je ne vais pas abandonner. Car j'adore Singapour. Pour toutes sortes d'autres raisons que celles qui m'y ont amené. J'ai même décidé d'y rester 10 jours, plutôt que trois. Je crains seulement que notre histoire d'amour ne soit à l'image du Merlion, l'animal mythique qui symbolise la ville: un magnifique corps de lion, qui se termine en... queue de poisson.
Retour