Avertissement: le texte qui suit traite d'un sujet délicat, et l'auteur a fait un effort considérable pour vous le décrire sans gâcher votre petit-déjeuner. Veuillez excuser les ronds de jambe et les images boiteuses.
Patpong. La Mecque du plaisir et de l'amour. Le Lourdes des impuissants, des frustrés, des mal-aimés et des pas beaux tusuite. Patpong. La terre d'accueil des réfugiés du féminisme.

Patpong. Un zoo la nuit. Là où tous sont égaux, à condition d'y mettre le prix.
Patpong (aussi épelée Phat Phong ou Pattpong). Trois rues parallèles qui portent le même nom: Patpong, Patpong et Patpong. Ou Phat Phong, Phat Phong et Phat Phong (ou Pattpong, Pattpong et Pattpong).
Les trois rues Patpong (Phat Pong ou Pattpong), ensemble, forment l'arrondissement mieux connu sous le nom de Patpong (ou Phat Pong (ou Pattpong)).
Car il est connu, le Phat Phong (ou Patpong (ou Pattpong))! Faut voir la foule qui se presse au portillon: de toutes les ethnies, de tous les âges et de tous les sexes. On s'imagine un quartier glauque, avec des ampoules rouges nues qui pendouillent comme des oreilles d'épagneul devant des vitrines pleines d'une chair grise aux yeux vitreux, et on débarque finalement sur une sorte de rue Saint-Hubert, sans voiture, avec les magasins dans le milieu et des bars de danseuses de chaque côté. That's it.
Autour, de grands hôtels, des ambassades, un parc sans junkies, et pas l'ombre d'une violence.
Moi qui avais peur d'y aller tout seul. J'ai passé l'après-midi à convaincre Serge et Judith de Québec de m'y accompagner. Maintenant, je fais rire de moi. Et c'est pas terminé...
Premier choc: les portes des clubs sont grandes ouvertes. On pourrait s'asseoir sur le trottoir et regarder gratis le spectacle! Pas cons, c'est ce que nous faisons. Sur une scène, des filles-femmes-hommes, ou hommes-femmes-filles (difficile à dire de l'extérieur), se trémoussent habillé(e)s déshabillé(e)s sur une vieille toune disco. Au bout de huit secondes- Ha, ha! Je me doutais qu'il y avait un truc!-, un "représentant" nous saute dessus. Il travaille pour le "Baby Doll". Sur une carte- qu'il nous présente comme un menu-, on peut y lire le programme de la soirée: Pussy smoke cigarette, Pussy blow out candles, Pussy joue au ping-pong, etc. Il y en a une dizaine d'autres- que je vous épargne-, toujours avec la même "vedette". Nous refusons poliment, en prétendant que "ce n'est pas tout à fait ce que l'on recherche". Le mec sourit. Nous bougeons. Au bout de 15 minutes, 10 "représentants" et 22 "menus" identiques, je saisis à rebours le sens de son petit sourire: le choix est mince, genre quatre trente sous pour une piasse, car nous sommes littéralement à Pussyland.
On choisit donc d'entrer au bar le Pussy Pussy Pussy (un nom fort original dans les circonstances), où la bière est à 200 bahts (7 dollars ou quatre fois plus cher qu'ailleurs) et la fille- en accompagnement- à 2500. L'hôtesse, qui voit bien que nous sommes des connaisseurs (un gars de la construction aux cheveux longs, une prof de cégep avec une chemise indienne et un clown), nous assigne des places de choix: dret' à côté de la scène!
(Je dois vous avouer ici que je ne vais jamais aux danseuses parce que ça me met un peu mal à l'aise, cette intimité trop soudaine et cette promiscuité que je trouve un peu malsaine).
Et le spectacle commence.
Suite la semaine prochaine...
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