Si, la semaine dernière, je vous avais promis "Le sexe en Chine" pour la chronique de cette semaine, c'est que je croyais être inspiré par une exposition (in)justement intitulée Le sexe en Chine et la santé sexuelle qui faisait partie d'un package deal de quatre activités présentées à Shanghai (la capitale de la prostitution chinoise), un "paquet" qui s'est révélé, à ma grande surprise (!), un attrape-touriste sans autre intérêt que d'être extrêmement mauvais.
Alors, dans le c.. le sexe, surtout qu'il m'est arrivé quelque chose de bien plus excitant cet après-midi-là... Je vous raconte?
11 h 30.
La visite des quatre niaiseries terminée, ayant cru à tort que j'en avais pour la journée, je me retrouve à errer, bredouille- et un peu gêné de m'être fait prendre!-, dans le nouveau district de Pudong, en face du Bund, de l'autre côté de la rivière, là où il y a l'Oriental Pearl Tower (l'incompréhensible édifice en forme de Star Wars) et autant d'ambiance qu'au Stade olympique un dimanche matin de février. Je tourne à gauche, à droite, à gauche (ou l'inverse, vous aurez compris qu'il ne s'agit pas là d'une information essentielle), et je tombe sur... l'Aquarium de Shanghai! Yes! Vous connaissez mon amour pour les poissons (le poisson qui représente d'ailleurs le sexe féminin dans l'art traditionnel chinois, alors que l'oiseau symbolise le pénis), alors j'y vais, même si ça coûte 20 $- le prix de trois bons repas en Chine-, et sans savoir que cette décision va changer le cours de ma vie.
À l'intérieur, en plus d'une impressionnante collection de poissons du monde entier (dragons de mer, méduses, et requins d'enfer!), on présente un fascinant volet sur les espèces menacées du Yangtze, ce fleuve sur lequel on érige en ce moment le controversé barrage des Trois-Gorges, qui, lorsqu'il sera terminé en 2009, élèvera le niveau de l'eau de 175 mètres sur 150 kilomètres et forcera le déplacement de plus de deux millions de personnes, en plus de détruire des centaines de villages et d'engloutir des siècles d'histoire. De main d'homme, assurément une des plus grandes catastrophes écologiques du siècle. Ouf.
Et dans cette section spéciale de l'Aquarium donc, à travers la multitude de poissons tristes aux formes et aux noms étranges, il y a un étonnant lézard de six pieds de long, le Lezardus Chinus, dont le cri ressemble à des pleurs d'enfant.
C'est là que j'ai craqué. Fuck les plans pour le Japon.
15 h 30.
Je monte dans un train.
18 h, le lendemain.
Je descends du train. Je suis à Ychang, la ville à l'embouchure des Trois-Gorges, en plein centre de la Chine. Loin du Japon et de la Mongolie, vous dites? Bah...si on peut plus se faire des surprises, à quoi ça sert, hein?
9 h, le surlendemain matin.
Je pars pour trois jours, en croisière sur la Yangtze! L'agent de voyages m'amène au quai. Un bateau magnifique, que dis-je, une réplique du Love Boat y est amarrée. Son nom, en lettres dorées: The River Star. Il brille d'un blanc immaculé, avec tout son silver shine. Du pont, on peut apercevoir des lustres au plafond de la salle à dîner et on devine qu'il y a un balcon à toutes les chambres. La classe! Nous montons et nous le traversons jusqu'au... bateau caché derrière. Le Guan Guang 3. Une espèce de grosse baignoire rouillée et vieux vert sapin. C'est celui-là qui est le mien.
À 40 $ pour trois jours, je savais que je payais pas pour un "Ritz flottant". Mais je m'attendais à ce qu'il y ait au moins le mot "flottant" dedans. En tous cas, si je suis un peu surpris (et attendez que je vous parle de ma "chambre" la semaine prochaine!), je ne suis pas le seul. À bord de mon bateau de touristes exclusivement chinois, on accueille cette semaine... un groupe de l'âge d'or! Ils ont tous la même petite casquette blanche sur la tête et suivent la petite guide avec le drapeau blanc en avant. Dans le tas, j'ai l'air du chanteur de Motörhead. Une arrière-arrière-grand-mère me regarde en riant. Elle porte un T-shirt rose avec, écrit dessus en lettres attachées, un gros "Do me baby".
Hi hi! Larguez les amarres!
Je sens qu'on va bien s'amuser.
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