Le Japon ne cesse de me surprendre. Vous aussi, ça a l'air. Comme l'écrit le docteur Félix Léveillée, de Saint-Ubalde, c'est "un pays que j'imaginais entièrement recouvert d'autoroutes superposées, avec des millions de petits papas nippons (pe-tit pa-pa nip-pon, quand tu descendras du ciel...) qui vont au travail dans des mini-voitures électriques, pendant que les mamans nippones promènent le chien-robot de la famille virtuelle dans un hologramme-parc."
Pas pantoute, doc! Et joyeux 25e anniversaire. Il y a des vrais arbres, du vrai vent, des vrais vagues et des... surfeuses! Et vous savez quoi, mon cher? Si la tendance se maintient, La frousse autour du monde affirme, aujourd'hui 3 septembre 2005 à 8h15, qu'il n'y a pas plus craquant qu'une surfeuse japonaise. Au monde! (Oui, la boxeuse thaïlandaise vient de glisser en deuxième place). Dieu, si tu existes, me réincarnerais-tu en planche de surf rose et jaune, polie au cirage à la fraise? Et/ou en maillot moulant 5mm? Et/et/ou/ou en vague du Pacifique, juste le temps de porter une mignonne Yoko ou une sulfureuse Kiki à bout de bras et de la déposer sur le sable?
(Je suis le premier étonné de me lire dire des affaires de même. Je croyais qu'à 40 ans, on n'avait plus de fantasmes, rien que des cauchemars!)
Lectures recommandées au Japon: The Rough Guide to Japan et Notes of a Dirty Old Man, de Bukowsky.
À Shimogamo, quand on arrive à l'auberge de Madame Yamamoto, elle nous fait d'abord visiter les lieux: il faut enlever ses souliers (dans mon cas, des patins) et enfiler les "sandales pour se rendre à la chambre", puis enlever les " sandales pour se rendre à la chambre " avant d'entrer dans la chambre, pour ensuite enfiler les "tatanes pour marcher sur le tatami"; enlever les tatanes, puis mettre les "sandales pour aller à la chambre" pour aller à la salle de bains; puis les enlever avant d'entrer et mettre les "pantoufles à toilette"; entrer, dire: "Ah oui, je vois" ou n'importe quoi, enlever les "pantoufles à toilette" avant de sortir et remettre les " sandales pour retourner à la chambre ", puis les enlever pour remettre les "tatanes à tatami".
Tadam! Je suis resté deux jours. Je commençais à être un peu moins mêlé à la fin. Sauf que, quand je suis parti, j'ai oublié mes gougounes dans l'entrée, cib... de cass de bain! Faque, Madame Yamamoto... Là, Yama mes gougounes itou.
Pour répondre à Sophie (une lectrice qui se demande comment les Japonais font pour s'assurer que ce ne soient pas des jeunes de moins de 18 ans qui achètent de la bière dans les machines distributrices à bière sur la rue): les fameuses machines à bière sont équipées d'un logiciel de reconnaissance de la voix. Quand la machine m'a demandé mon âge, j'ai fait un test pour vous, chère Sophie: j'ai pris une toute petite voix et j'ai dit: "J'ai 8 ans, Madame". Ben, devinez quoi? La machine a refusé de me servir. Non mais, avouez que c'est brillant...
Et comment va le patinage, Monsieur Blanchet? Pas mal, sauf que j'ai un gros problème d'usure. Et je ne parle pas de mes genoux, qui tiennent le coup, et le dos et le reste qui tough la run, mais bien des roues, des vis et du frein sur mes patins. En fait, c'est pire que je ne croyais. Après chaque jour de patinage (une moyenne de 60 km), je dois faire une rotation des roues, c'est-à-dire placer les ceuzes du devant derrière et les celles de gauche à droite; à force de visse-visse-versa-versa comme ça, tout le matériel est en train de me c... dans les mains. Ne le dites pas à ma mère, mais depuis Shuzenji, je n'ai plus de frein. Usé à la vis. Je fais du chasse-neige, en attendant de trouver un magasin de sport qui vend des spare parts de rollerblade dans la cambrousse nippone. Ce qui équivaut à chercher un magasin de couches-culottes sumo en Estrie (mon émission préférée à la télé japonaise s'intitule Femmes de lutteurs sumo: une émission genre Deux filles le matin allo Clo-Clo, où les animatrices donnent des recettes de "T-bone de 8 kilos" et des trucs du genre "comment se sortir d'en dessous quand il s'endort dessus").
À ce stade-ci donc, dans le domaine du blade, j'ignore ce que l'avenir me réserve; mais je sais que, la semaine prochaine, rien que pour toi Nicolas, j'irai dormir dans un hotel-capsule à Nagoya. Il parait que c'est comme dormir dans un cercueil, tu dis? Je t'en reparle... Sayonara.
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